Exposition collective «Arcane» à la galerie Rochedi

 21 Mai 2015
La Nouvelle République
« Exposition collective à la galerie Rochedi »
Écrit par Réda Boufellah

Le vernissage a eu lieu samedi 16 mai à 16 heures. Peintures acrylique, huile, aquarelle-gouache et points rotring monochrome… face à toutes ces œuvres merveilleusement colorées, notre cœur a balancé.

Khaled Rochedi,Farid Benyaa, Amal Benghezala, Faïza Bayou et Nadia Kessouri ont décidé, il y’a quelques temps, d’organiser une exposition commune pour présenter des œuvres de grande qualité et pour tous les goûts. L’objectif est de réconcilier le public avec l’art et, plus particulièrement la peinture, mais aussi de donner un nouveau visage au Centre commercial Zem Zem qui, hélas, manque cruellement de « couleurs ».

Khaled Rochedi dévoile ses toiles, des peintures à l’huile représentant des personnages étonnants, magiques comme surgissant d’un univers de bandes dessinées. En effet, les personnages de Khaled ressemblent étrangement à des acteurs de cinéma ou à des personnages de films célèbres. Soudain, je voyais défiler des images dans ma tête… je voyais un peu d’« Orange mécanique » de Stanley Kubrick ou encore « Le Cinquième élément » de Luc Besson…Il faut avouer que les travaux de Khaled Rochedi sont admirablement beaux, brillamment colorés et ensorcelants.

Farid Benyaa lui, architecte de formation, considère que l’architecture et les arts plastiques sont tout deux complémentaires. Est-ce donc pour cela que toutes ses illustrations sont réalisées à l’encre de Chine ou alors entretient-il une relation particulière avec le rotring de ses années d’études ? L’essentiel est bien là…les œuvres de Farid Benyaa sont tout simplement magnifique, une invitation aux regards des visiteurs et des curieux. L’homme lui, est modeste, humble avec un petit soupçon de timidité. Mais sa force de caractère et toute son intelligence se reflètent à travers ses œuvres.

Sortie des Beaux-arts d’Alger en 1988 avec un diplôme en arts plastiques, Faïza Bayou, enseigne pendant plus de dix ans les arts plastiques avant d’y mettre un frein et se consacrer complètement à son amour, la peinture. Cette artiste souriante est en permanence à la recherche de sources d’inspiration. C’est justement ces mêmes sources d’inspiration qui poussent Faïza à travailler dur. Dans chacune de ses œuvres s’échappe quelque chose de poétique et de beau. Ses tableaux ont un côté naïf et les références à Alger d’avant y sont nombreuses. Faïza cultive peut-être cela par amour de la nostalgie. Faîza semble se réfugier dans chacune de ses œuvres et elle émerge de son univers et de ses rêves une fois son tableau terminé.

Une âme sensible de poétesse doublée d’une artiste de grand talent, telle est Faïza Bayou. Bien difficile de cerner un artiste à travers une seule œuvre, mais ne dit-on pas que de grands artistes ont bouleversé leur monde juste par un seul portrait ou une seule sculpture ? Justement, un seul et unique tableau de Nadia Kessouri prône au milieu d’un des murs de la galerie Rochedi : « Verseau »… fait-t-il référence au signe astrologique de l’artiste ? Je parie que oui ! Je me suis renseigné et j’ai misé juste. Le grand tableau à l’acrylique est amplement nourri de symboles, mais en observant attentivement l’œuvre de l’artiste, on tombe sur le signe du verseau retourné…Le tout, peu coloré, un gris sombre, le noir et le rouge, contient beaucoup de formes et question formes, l’artiste s’est fait un plaisir à en mettre en grand nombre.

Nadia Kessouri expose avec un seul tableau, mais ce tableau semble avoir toute son importance pour cette artiste.

Amal Benghezala, quant à elle, c’est toujours l’artiste enfermée dans sa propre bulle, au milieu de formes bizarres, de personnages imaginaires, de symboles mystiques et de couleurs. Ces œuvres, tirées de son monde imaginaire, sont en fait des tableaux inspirés de sentiments profonds et de son quotidien. Ses sources d’inspiration ? « Elles sont multiples ! », se plait à répondre Amal, sauf qu’elle les transcrit à sa manière, en aquarelle-gouache abondamment colorées, tout en usant de symboles et de formes. Les tableaux d’Amal sont tout simplement une invitation à voyager dans son univers imaginaire, à franchir le pas pour passer dans un monde étrange, coloré mais tellement beau.

C’est donc entre art brut et art contemporain que les univers de ces cinq artistes se croisent ou s’opposent. Interrogés, tous sont unanimes. Il est intéressant de travailler avec d’autres artistes. Chacun d’eux offre sa vision du monde et chaque œuvre pour enrichir l’autre. Tous ces plasticiens sont passionnés d’art et de culture, quotidiennement immergés dans un travail intellectuel. Ces artistes appartiennent à cette catégorie discrète mais laborieuse pour qui l’art est aussi un partage gracieux et pacifique avec les autres. L’exposition dure jusqu’à la fin du mois de mai et le déplacement pour apprécier le travail de ces artistes vaut vraiment la peine.

Réda Boufellah

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